t@7t-essour
Salem et bienvenue Very Happy


*•***Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension.****•*[Gandhi]

*•*** Il n'est pire intolérance que celle de la raison.****•*
[Miguel de Unamuno]

*•***La vanité d’autrui n’offense notre goût que lorsqu’elle choque notre propre vanité.****•*
[Friedrich Nietzsche]


Bonne navigation pour tout le monde Very Happy

Polygamie : La grande controverse

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Polygamie : La grande controverse

Message par Tamtouma le Ven 12 Déc - 3:03

La polygamie est en vigueur dans de nombreux pays arabo-musulmans. Si certains gouvernements font tout pour l’encourager, d’autres sont en train de légiférer pour la soumettre à des conditions en vue de sa limitation.

La polygamie, c’est le fait pour un homme de se marier à plus d’une femme à la fois. Prévue dans le coran, comme une permission qui doit être accordée dans des circonstances particulières et sous des conditions strictes, la polygamie est en vigueur dans la majeure partie du monde arabo-musulman. Elle ne finit pas toutefois d’allumer la controverse. Entre ses partisans et ses détracteurs, l’exception religieuse se perd dans les interprétations les plus absconses, et les plus erronées.

Le débat mené hier sur la chaîne qatarie Al Jazeera lors de l’émission contre-courant de Fayçal El Kacem entre Dr Al Khouly, professeur de l’université Al Azhar et Ikabal Baraka, directrice du magazine égyptien Oum Donia (Mère du Monde) n’a que peu fait avancer le débat sur un sujet qui semble être à mille lieues d’être tranché dans un monde arabo-musulman qui confond l’esprit du texte religieux, clair et sans équivoque, et les interprétations socio-culturelles, otages des traditions et des préjugés les plus rétrogrades.

Cette propension pour l’homme de collectionner les épouses, en Egypte, en Jordanie, en Arabie Saoudite, au Koweït et ailleurs, sous le couvert de la religion, a fait beaucoup de tort à une région en mal d’un modèle sociétal bien clair, et qui est, de surcroît, victime d’une crise identitaire, d’écueils socio-économiques les plus insolubles, et de retards politico-culturels qui l’éloignent chaque jour un peu plus du progrès social et humain.

La polygamie, banalisée et automatisée dans la majeure partie du monde arabe, n’a cessé d’être pervertie, pour se transformer en un exutoire en vue d’évacuer des inhibitions, conjurer l’ennui d’une première union conjugale qui sombre dans la monotonie, ou mettre fin à un célibat prolongé, pour des filles qui n’arrivent pas à se caser avec un prince charmant célibataire.

D’ailleurs, la polygamie est présentée dans certaines contrées arabo-musulmanes comme une panacée contre le célibat qui prend, à dire vrai, des proportions alarmantes. Des millions de filles en âge de se marier n’arrivent pas à le faire. Elles sont 3 millions en Irak, excepté les veuves qui ont perdu leur conjoint pendant la guerre ; 12 millions en Egypte et des millions d’autres encore au Machreq et au Maghreb.

Une solution factice et qui complique le problème plus qu’elle ne le résout, soutient la directrice d’ Oum Donia. Les jeunes filles autant que les garçons sont victimes du célibat. Ce problème est particulièrement d’origine économique. Le mariage aujourd’hui coûte cher, car les familles demandent une dot onéreuse, les garçons, souffrant du chômage et de la précarité, sont incapables de faire face aux exigences matérielles de la vie de couple. « Au lieu d’encourager les filles à mettre le grappin sur un homme marié, de voler son époux à la première épouse et de briser tout un foyer, mieux vaut aider les jeunes à se marier », estime-t-elle.

En effet, la polygamie a des séquelles psychiques et sociales inguérissables. Cet homme qui entame une nouvelle lune de miel avec une deuxième épouse généralement plus jeune et plus belle que la première, va forcément se détourner de la prise en charge de sa première famille et de l’éduction de ses enfants. Sa première épouse, se sentant abandonnée et lourdement affectée par un tel comportement, serait incapable d’assumer cette responsabilité et de combler la vacance à la tête de la famille. Ainsi abandonnée, la cellule familiale serait menacée de décomposition et l’avenir des enfants mis à rude épreuve, ajoute-t-elle en substance.
Ces problèmes et tant d’autres ont amené certains gouvernements arabo-musulmans à voter des textes de loi pour soumettre la polygamie à certaines conditions sous peine de sanctions.

Une démarche contre laquelle les hommes de religion s’inscrivent en faux. Dont Docteur El Khouly, « Aucun parlement n’a le droit de mettre en place des lois qui vont à l’encontre de l’esprit du coran et qui en altèrent les préceptes », plaide-t-il, soulignant que la polygamie doit être respectée et appliquée en conformité avec le texte religieux. Ce professeur de l’université El Azhar estime que celui qui a recours à la polygamie pour le plaisir ou pour des fins autres que celles prescrites par le coran, ne répond pas aux critères de l’homme musulman. Il a cité au passage le cas de Mitterrand, « obligé de cacher son deuxième mariage et sa fille Mazarine, pendant de longues années. Alors que ça aurait été plus digne pour lui d’assumer sa polygamie ». Il s’est également attardé sur le « scandale de Bill Clinton et de ses rapports avec sa collaboratrice Monica Lewinsky, qui constitue, dit-il, un affront indélébile pour lui et sa femme Hillary".

Des exemples, certes hyper-connus et hyper-médiatisés, mais qui demeurent très loin des réalités arabo-musulmanes.

Le débat s’est terminé, comme beaucoup d’autres portant sur le même sujet, laissant derrière une grande controverse et des embrouilles sujettes à toutes les lectures et à toutes les discordes.

La polygamie gagnera à être plus étudiée et plus analysée dans un monde arabe qui ne ne cesse de se fourvoyer. En effet, la manière dont elle est pratiquée dans certains pays de la région nuit à l’Islam en ce sens qu’elle lui attribue la légitimité d’une pratique pervertie et dévoyée.

En Tunisie, on est, en apparence, loin de ce débat. Car la question a été tranchée tôt par le code du statut personnel qui interdit la polygamie en ces termes là : « Quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent, sera passible d'un emprisonnement d'un an et d'une amende ou de l'une de ces deux peines seulement, même si le nouveau mariage n'a pas été contracté conformément à la loi".

Et un autre article : « Encourt les mêmes peines, quiconque, ayant contracté mariage hors des formes prévues par la loi n° 57-3 du 1er août 1957 réglementant l'État Civil, conclut une nouvelle union et continue la vie commune avec son premier conjoint».
Mais, cela veut-il dire pour autant que la société tunisienne est à l’abri des problèmes liés directement ou indirectement à une telle interdiction ?
source

La polygamie en islam résout plusieurs problèmes de société comme la prostitution et les infidélités conjugales, si présentes dans les sociétés occidentales. Mais elle ne concerne que les croyants qui sauront l'appliquer selon les règles religieuses. Toute pratique avec d'autres intentions éloigne l'acte de son essence et de sa définition coranique.

_________________

* Agir *

Tamtouma
VIP
VIP

Féminin
Nombre de messages : 5722
Localisation : prête à faire Tunis-Pékin à pieds ;)
Humeur : arc-en-ciel
Date d'inscription : 24/05/2008

http://amisinpe.keliglia.com/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum